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	<title>Alain Foix</title>
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	<pubDate>Wed, 16 Jul 2008 22:47:38 +0000</pubDate>
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		<title>Ma flûte</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jul 2008 13:18:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
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Elle était là, en haut de la bibliothèque, sortie de son étui et s’oxydant lentement lorsque Myriam, flûtiste, invitée à la maison me fit remarquer la violence du sort que je lui faisais subir. Le premier sentiment fut la honte, le second de la pitié, le troisième fut celui de mon immense ingratitude. Ma flûte, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/privilege-lgegif.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-130" src="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/privilege-lgegif.jpg?w=510&h=99" alt="" width="510" height="99" /></a><br />
Elle était là, en haut de la bibliothèque, sortie de son étui et s’oxydant lentement lorsque Myriam, flûtiste, invitée à la maison me fit remarquer la violence du sort que je lui faisais subir. Le premier sentiment fut la honte, le second de la pitié, le troisième fut celui de mon immense ingratitude. Ma flûte, je la laissais mourir dans une indifférence presque totale.<br />
Je la pris dans mes mains et l’astiquai jusqu’à ce que ses chromes luisent de mille feux au soleil de ce 14 juillet. Puis, les lèvres hésitantes, je soufflai dans son bec. Le son qui en sortit me surprit. Elle reprenait vie, sleeping beauty attendant qu’un amour la réveille. Mes doigts ont caressé son corps, pris possession de ses clefs, et se sont mis à jouer. Quelques arpèges, d’abord, puis des sonates de Haendel et de Bach, la badinerie encore un peu gauche sous ces doigts rouillés, puis une bossa nova. C’était comme si on ne s’était pas quittés. Je réapprenais son corps avec quelques gaucheries d’amoureux débutant, mais elle répondait avec une douceur inattendue.<br />
La mémoire motrice de mes doigts réveillait dans le flux musical les souvenirs. Je revis les premiers moments où je posai mes doigts sur elle. J’avais 16 ans et ne rêvais pas de flûte, mais de trompette, de saxophone et de clarinette. De mon rez-de-chaussée de Bondy Nord, j’entendais tous les week-ends un cours d’harmonica qui montait du sous-sol. J’avais envie d’y descendre mais n’ai jamais osé. Je me rassurais de ma timidité en me disant qu’en fait, c’est Miles Davis que je voulais faire comme métier, ou au moins Sydney Bechet. Je me voyais marchant par les rues et les ponts de Paris, faisant vibrer les murs et les jeunes filles de mon instrument. Un jour on m’apprit que le conservatoire de Bobigny prêtait des instruments aux enfants nécessiteux. Il suffisait de traverser le terrain vague séparant Bondy de cette commune limitrophe et s’enhardir dans ce conservatoire alors en préfabriqué, à portée de mains, d’oreilles et d’yeux des adolescents traînant en bandes dans les parages. En passant près des fenêtres j’avais déjà aperçu un cours de danse qui éveilla mon premier intérêt pour cet art.<br />
Je pris mon courage à deux mains et vins m’inscrire au cours de musique en demandant le prêt d’un instrument, une trompette. « Il n’y a plus de trompette » me dit en souriant aimablement la personne chargée de l’accueil. Je fis mentalement un trait sur Miles Davis. « Alors, une clarinette ? » m’enquis-je timidement. « Aucune, la dernière vient de partir ». Exit Sydney Bechet. « Alors, un saxophone ? ». « Non plus jeune homme ». J’en aurais pleuré. « Alors, que vous reste-t-il ? » demandai-je, en désespoir de cause. « Il nous reste une flûte traversière, vous la voulez ? ». « Donnez la moi, me surpris-je à répondre ».<br />
Drôle d’instrument. « C’est plutôt féminin, pensai-je, je vais avoir l’air malin avec ce truc tout fluet dans mes grosses mains. Avec mes muscles d’athlète, c’est la gousse d’ail et le gigot. Mais tant pis, je la prends. » Ce fut comme un mariage arrangé, pas un truc de passion, mais  j’y trouvais un peu mon compte. Mon professeur, monsieur Guilbert, fabuleux pédagogue, criait à qui voulait l’entendre que j’étais « doué comme un cochon ». Mais le cochon ne voulait rien entendre, prenait sa flûte par-dessus la jambe, courait les stades, passait les haies et arrivait du stade Charléty en sueur et en jogging , pour passer les examens du conservatoire au grand dam de son si dévoué professeur.<br />
Je l’ai aimée, au fond, cette flûte, mais sans jamais le lui montrer. Elle m’a suivi partout et jouait un peu le rôle d’entremetteuse. Je rencontrai ainsi des amis, d’autres musiciens, de simples auditeurs qui engageaient la conversation à partir de Bach ou Mozart. Ma flûte était un peu comme ma moto, un instrument de transports, ayant aussi la fonction d’outil de communication. En la reprenant cet après-midi là, je me mis, comme je ne le fais jamais, sur mon balcon pour jouer. Je communiquais de nouveau l’amour que j’ai pour elle et la musique au quartier tout entier.<br />
En y réfléchissant un peu, je me dis qu’en fait cette flûte que j’ai si longtemps délaissée pour la passion de l’écriture, mais aussi par lassitude et par manque d’énergie, a eu un rôle bien plus important dans ma vie qu’il ne semble à première vue. Outil de socialisation, mais aussi de structuration intellectuelle et morale, d’éveil au monde, à la musique et aux arts, c’est sans doute un peu grâce à elle que je suis la personne que je suis.<br />
Et puis, la prendre dans mes mains me fait rajeunir de 20 ans. Comme dit mon voisin retraité du coin de la rue : « vous jouez d’un instrument, ça conserve la jeunesse. Il en faut de l’énergie pour pratiquer ». Une fontaine de jouvence, ma flûte ?</p>
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		<title>DUEL D&#8217;OMBRES A AVIGNON</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jul 2008 12:12:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Beaucoup d&#8217;eau a coulé depuis le dernier article. Sans doute l&#8217;eau du Maroni en crue que je n&#8217;ai pu remonter sous les pluies diluviennes de la Guyane. Sans doute aussi piqué par la mouche tsé-tsé, ou peut-être dans mon sommeil par la mygale que j&#8217;ai ramenée à la maison. Elle est naturalisée mais sans papiers [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>Beaucoup d&#8217;eau a coulé depuis le dernier article. Sans doute l&#8217;eau du Maroni en crue que je n&#8217;ai pu remonter sous les pluies diluviennes de la Guyane. Sans doute aussi piqué par la mouche tsé-tsé, ou peut-être dans mon sommeil par la mygale que j&#8217;ai ramenée à la maison. Elle est naturalisée mais sans papiers dans sa prison de verre, mais je me méfie des rêves. Toujours est-il qu&#8217;un énorme palmier a poussé sur la paume de mes mains.</p>
<p>Cela dit, j&#8217;ai tout de même eu un sursaut créatif puisque j&#8217;ai trouvé de l&#8217;énergie pour écrire une pièce de théâtre inspirée du duel historique entre le Chevalier d&#8217;Eon et le Chevalier Saint-George. Une comédie en musique intitulée &#8220;Duel d&#8217;ombres&#8221;, et en alexandrins. Oui, en alexandrins. Je l&#8217;avais d&#8217;abord écrite en prose, puis me ravisant, je me suis dit que l&#8217;alexandrin collerait bien avec cette comédie légère et musicale. A première vue, si on y réfléchit un peu, ça peut paraître bizarre d&#8217;écrire au XXIè siècle une pièce en alexandrins, baroque même. D&#8217;autant qu&#8217;à l&#8217;époque où se situe l&#8217;action, le 9 avril 1787, date exacte du duel organisé à Londres, Beaumarchais et bien d&#8217;autres avaient déjà abandonné cette forme classique. Alors quelle mouche (ou quelle mygale) m&#8217;a piquée? Le plaisir d&#8217;abord. Oui, c&#8217;est un véritable plaisir que de ciseler sa langue dans cette forme si musicale. Un challenge aussi. Mais il m&#8217;est aussi très vite apparu que la contrainte imposée par l&#8217;alexandrin est très créative. Elle permet de trouver des solutions stylistiques mettant en valeur le sens des répliques, mais plus encore, condense et révèle du sens, crée des ouvertures nouvelles, des  niches qui m&#8217;ont permis d&#8217;alimenter ce texte et d&#8217;en exhaler tout le parfum. Un autre intérêt de cette forme, est qu&#8217;elle facilite la distanciation théâtrale autant que la distinction des personnages. Intéressant d&#8217;ailleurs de noter que distinction et distanciation sont de même nature. Elles sont cet habit invisible, ce &#8220;je-ne-sais-quoi&#8221; comme disait Balthazar Gracian qui définit la grâce, et la tenue, le port d&#8217;une noblesse liée à la représentation du corps. Duel d&#8217;ombres est un jeu sur la représentation et l&#8217;opposition des images du corps qui se fait dans la conversation. Conversation à la fois sensuelle et conflictuelle. D&#8217;une certaine façon l&#8217;alexandrin élève les personnages de la prose du monde et les y dessine avec précision. Joute verbale à fleurets mouchetés, piques et frottements d&#8217;épidermes, ces deux escrimeurs restent à distance d&#8217;eux-mêmes et de de notre époque pour mieux mettre en abîme des questions contemporaines.</p>
<p>Alors non, rassurez vous, je ne suis pas devenu un vieux réactionnaire, une mygale au plafond, ayant la nostalgie des formes anciennes. Je crois au contraire que l&#8217;alexandrin, pour autant qu&#8217;on sache le manier sans se faire piquer, peut être un outil créatif pour une forme contemporaine. Et puis zut! Marre de ces pièces de théâtre où le texte n&#8217;est qu&#8217;amas de mots, matière informe prétexte (prête-texte) à des fantasmes de metteurs en scène bandés sur la question du corps. On a un peu trop tendance à oublier que le premier corps du théâtre est le texte lui-même et que le corps au théâtre comme dans la vie n&#8217;est rien s&#8217;il n&#8217;est habillé et tenu par un langage qu&#8217;il soit parlé ou gestuel.</p>
<p><a href="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/42218491.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-159" src="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/42218491.jpg?w=141&h=180" alt="" width="141" height="180" /></a></p>
<div id="attachment_160" class="wp-caption aligncenter" style="width: 111px"><a href="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/anne-see.jpg"><img class="size-full wp-image-160" src="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/anne-see.jpg?w=101&h=170" alt="Anne Sée" width="101" height="170" /></a><p class="wp-caption-text">Anne Sée</p></div>
<p>Duel d&#8217;ombres sera mis en lecture à Avignon le 21 juillet 2008 à 10h 30 au théâtre du Petit Louvre et le 22 juillet à 15h à la Maison Jean Vilar. Lu par Anne SEE (Chevalier d&#8217;Eon) et Stany COPPET (Chevalier Saint-George), mis en espace par Caroline DUCROCQ avec des extraits musicaux du Chevalier Saint-George.</p>
<p>extrait musical: <a href="http://chevalierdesaintgeorges.homestead.com/saintgeorges_string_5.mp3">Saintgeorges_string_5</a></p>
<div id="attachment_114" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/unnamed1.jpg"><img class="size-medium wp-image-114" src="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/unnamed1.jpg?w=300&h=182" alt="Duel des Chevaliers Saint-George et d'Eon à Londres le 9 avril 1787" width="300" height="182" /></a><p class="wp-caption-text">Duel des Chevaliers Saint-George et d&#39;Eon à Londres le 9 avril 1787</p></div>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/alainfoix.wordpress.com/110/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/alainfoix.wordpress.com/110/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/alainfoix.wordpress.com/110/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/alainfoix.wordpress.com/110/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/alainfoix.wordpress.com/110/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/alainfoix.wordpress.com/110/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/alainfoix.wordpress.com/110/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/alainfoix.wordpress.com/110/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/alainfoix.wordpress.com/110/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/alainfoix.wordpress.com/110/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/alainfoix.wordpress.com/110/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/alainfoix.wordpress.com/110/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alainfoix.wordpress.com&blog=1857102&post=110&subd=alainfoix&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>Le bonjour d&#8217;Albert à Lourmarin</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jun 2008 20:41:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Une naissance, c&#8217;est toujours émouvant et c&#8217;est le cas pour ce festival nouveau-né à Lourmarin le 26  juin 2008. Lourmarin, jolie bourgade où vivait Albert Camus juste avant son tragique accident de voiture du 4 janvier 1960 dans la voiture de Michel Gallimard. Plaisir d&#8217;être invité en tant qu&#8217;écrivain pour soutenir ce festival ensoleillé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>Une naissance, c&#8217;est toujours émouvant et c&#8217;est le cas pour ce festival nouveau-né à Lourmarin le 26  juin 2008. Lourmarin, jolie bourgade où vivait Albert Camus juste avant son tragique accident de voiture du 4 janvier 1960 dans la voiture de Michel Gallimard. Plaisir d&#8217;être invité en tant qu&#8217;écrivain pour soutenir ce festival ensoleillé et chaleureux nommé Sun Art. Plaisir d&#8217;échanger avec des lecteurs attentifs et passionnés, tous âges confondus. Plaisir d&#8217;entendre et découvrir à l&#8217;ombre fraîche du très beau temple cet incroyable conteur qu&#8217;est Emile Abossolo M&#8217;Bo, de retrouver la belle, sympathique et fantasque Aissatou Thiam qui vient d&#8217;écrire un livre sur sa vie en collaboration avec Marc Tardieu. Plaisir encore de retrouver depuis si longtemps le fabuleux Manu Dibango qui semble immunisé contre les caresses de l&#8217;âge. Plaisir enfin de flâner sous ce soleil estival, mon panama vissé sur la tête dans cette ambiance de beauté et d&#8217;intelligence qui semble émaner des murs, des échoppes et du public. Pas étonnant qu&#8217;Albert Camus ait choisi cette commune comme lieu de résidence. Son fantôme chaleureux et humaniste y traverse les murs.</p>
<div id="attachment_127" class="wp-caption aligncenter" style="width: 330px"><a href="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/dsc01400-320x200.jpg"><img class="size-full wp-image-127" src="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/dsc01400-320x200.jpg?w=320&h=240" alt="Ecoute d'histoires de l'esclavage racontées à marianne et discussion autour du texte dans la très belle boutique du Voyageur sans bagage." width="320" height="240" /></a><p class="wp-caption-text">Ecoute d&#39;histoires de l&#39;esclavage racontées à marianne et discussion autour du texte dans la très belle boutique du Voyageur sans bagage.</p></div>
<p>Voir aussi:<a href="http://voyageur-sans-bagage.eu/blog/?p=106&amp;language=fr"><a href="http://voyageur-sans-bagage.eu/blog/?p=106&amp;language=fr"></a></a></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/alainfoix.wordpress.com/126/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/alainfoix.wordpress.com/126/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/alainfoix.wordpress.com/126/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/alainfoix.wordpress.com/126/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/alainfoix.wordpress.com/126/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/alainfoix.wordpress.com/126/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/alainfoix.wordpress.com/126/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/alainfoix.wordpress.com/126/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/alainfoix.wordpress.com/126/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/alainfoix.wordpress.com/126/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/alainfoix.wordpress.com/126/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/alainfoix.wordpress.com/126/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alainfoix.wordpress.com&blog=1857102&post=126&subd=alainfoix&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>Ola, Oh là là!</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Jun 2008 15:32:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Voici un article de Jean-Michel Helvig piqué dans son blog de mediapart, où il s&#8217;insurge contre le phénomène à relents totalitaires de la ola. J&#8217;y étais, et je puis assurer qu&#8217;il est difficile de résister à 2 contre 80 000, à cette vague populueuse, véritable marée brune des plages pacifiques du sport. Vous trouverez en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><strong><span style="font-family:&quot;">Voici un article de Jean-Michel Helvig piqué dans son blog de mediapart, où il s&#8217;insurge contre le phénomène à relents totalitaires de la ola. J&#8217;y étais, et je puis assurer qu&#8217;il est difficile de résister à 2 contre 80 000, à cette vague populueuse, véritable marée brune des plages pacifiques du sport. Vous trouverez en bas de cet article mon analyse esthétique du phénomène.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><strong><span style="font-size:18pt;font-family:&quot;"><a href="http://www.mediapart.fr/club/blog/jean-michel-helvig/080608/mettre-le-hola-a-la-ola"><span style="color:blue;">Mettre le holà à la &#8220;ola&#8221;</span></a></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:0.0001pt;line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">08 jun 2008Par <a title="&lt;div class=&quot;bulle_utilisateur bulle_staff&quot;&gt;&lt;div class=&quot;photo&quot;&gt;&lt;img src=" href="mce_src="><span style="color:blue;">Jean-Michel Helvig</span></a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">On associe souvent les « résistants » à des hommes debout. Il y a des occasions aussi de dire «non» sans faire l’effort de se dresser ; je veux ici prendre fait et cause pour un acte assez difficilement perceptible de l’extérieur et à bien des égards héroïque par ce qu’il suppose d’objection à la pression de l’environnement social : ne pas se lever quand la « ola » déferle dans un stade. Les habitués des enceintes sportives savent déjà de quoi il s’agit. Pour les autres une petite explication préalable est utile.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">La « ola » est une vague déferlante de bras successivement tendus que l’on observe dans les tribunes de spectateurs, accompagnée d’un grand cri collectif dont l’écho qui s’approche intime l’ordre de bientôt se lever, et le bruit qui s’éloigne autorise à se rasseoir. Je suis de ceux, quitte à passer pour un individualiste forcené, qui ressentent ce mouvement d’ensemble comme uneinsupportable tyrannie du nombre. Plus prosaïquement, j’ai observé, sans tomber dans une parano excessive, que chaque fois qu’une « ola » m’a masqué le terrain avec cette forêt de bras épileptiques, il venait juste de se produire quelque chose d’important sportivement parlant. C’est particulièrement frustrant au rugby où une attention soutenue est requise pour ne rien rater d’une balle qui surgit d’un regroupement, un décalage de joueurs qui dynamise une attaque, un lancer de touches où tout va se jouer en un instant dans les hauteurs, un ballon à suivre qui renverse le jeu, etc… La « ola », issue des rencontres de football, essaime maintenant dans bien d’autres manifestations publiques, et pas seulement sportives.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">Cet exercice où la foule impose sa loi expose les contrevenants à une sanction aux effets pervers. Je m’explique. Au bout d’un tour ou deux de stade, il y a toujours un moment où le public le plus moutonnier se lasse. Ou tout simplement s’aperçoit que ce qui se produit dans le match est quand même plus intéressant que ce qui se passe dans les tribunes.Les ultras de la « ola » n’apprécient pas que la chaine soit ainsi rompue et une bordée de sifflets jaillit du bord opposé pour flétrir les dissidents. Du coup les joueurs peuventprendre les huées pour eux et se demander pourquoi, et surtout à qui l’on en veut ainsi. Raymond Domenech, l’entraîneur-sélectionneur de l’équipe de France de football, pestait récemment contre de tels sifflets qui avaient décontenancé ses joueurs dans un match contre l’Equateur.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">Certes j’entends déjà l’objection que c’est faire grand cas d’une petite chose appartenant au folklore des stades. Eh bien non. J’aime l’atmosphère joyeusement canaille des tribunes ( quand ça ne dérape pas bien sûr dans les interpellations racistes ou xénophobes), j’aime les couleurs arborées par les supporteurs, attributs vestimentaires excentriques ou visages peinturlurés, je communie dans les exclamations de joie ou de dépit, je confesse volontiers des préférences vocales assez marquées en faveur de certaines équipes au détriment d’autres, mais on ne fera pas croire que la ola contribuede quelque manière que ce soit, à la célébration du sport. C’est un exercice de pure narcissisme collectifoù le public semble vouloir de donner en spectacle à lui même et – peut-être - à ceux qui sont sur la pelouse pour assurer, eux, le vrai spectacle. J’y soupçonne aussi l’allégorie d’un totalitarisme où quelques individus déterminés parviennent à enclencher la logique implacable de l’imitation qui finit par s’imposer par elle-même sans que l’on ne sache plus quelle en était la cause et quelle en est la finalité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">Aller chercher du conspirationnisme derrière la « ola », ça peut prêter à sourire. J’en conviens. Evidemment qu’il n’y a pas mort d’homme ! Et tout en restant assis à chaque fois, je ne suis jamais encore fait remonter les bretelles par mes voisins de tribune. Mais on sait assez précisément, depuis que la « ola » est née il y a vingt ans dans les stades mexicains, comment on l’enclenche. Il suffit d’être une quinzaine de personnes ( des études statistiques ont été faites) qui se lèvent ensemble, tendent les bras et invitent les spectateurs sur leur gauche à faire de même, ce qui, de proche en proche, fera rouler la vague gestuelle et sonore ( à l’origine on criait « ola » en se levant, culture hispanique oblige).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">Dernier détail : la ola « roule » toujours autour du stade dans le sens des aiguilles d’une montre. Ce qui n’est pas le moindre symptôme du désolant conformisme caractérisant ce mouvement de foule.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><a href="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/michael-et-stade-003.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-115" src="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/07/michael-et-stade-003.jpg?w=300&h=224" alt="" width="300" height="224" /></a></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><strong><span style="font-size:18pt;font-family:&quot;"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><strong><span style="font-size:18pt;font-family:&quot;">Le frisson totalitaire</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">Par Alain Foix</span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">Prévenant un vent de panique, le speaker du haut des tribunes du Stade de France annonce : « Attention, tout ce qui va arriver maintenant est prévu ». Bonne précaution, en effet. Bruit d’hélicoptère qui surgit dans l’ovale de ciel gris découpé par le grand toit du stade ouvert. Sur la musique des Walkyries, un gendarme masqué du groupe GIGN, cagoule et uniforme noirs, descend de la mouche métallique le long d’un long filin, telle une araignée malfaisante suivie à toute allure par une cohorte de congénères. L’araignée en chef tient un sac mystérieux qu’elle dépose sur la pelouse. Une bombe ? Dans le même élan, une vague de plumes roses d’autruches tout droit surgies des Folies Bergères, se répand, fesses, cuisses, cuissardes et talons aiguilles sur la pelouse. Les grandes poules ont un chef, elle est, comme il se doit, en tête du triangle formé par l’escadron d’oies roses de la fameuse maison aux fantasmes uniformes labellisés. Dandinant de la croupe et toutes jambes dehors, elle s’avance vers l’araignée qui ouvre son sac et lui offre… un œuf d’argent géant. Une balle de rugby. Offrande du ciel, qui nous tient tout entier dans l’ovale de son œil, aux poules sauvages (mais si bien domestiquées) qui emportent leur prise vers les tribunes alors que du ciel tombe une pluie d’or en milliers de serpentins et que retentit de nouveau la musique de Wagner. Le stade est fécondé, mis en mouvement. Le match peut commencer et la ola, par vagues successives, offrira aux gladiateurs pendant tout leur combat, l’obscène danse du ventre du petit peuple bandé et grisé par le sentiment d’une unité totale. D’aucuns diront une communion. Mais de quel culte, quel dieu, quelle religion sinon celle d’un Etat représenté par sa force de coercition, tout de noir vêtue et qui descend du ciel pour féconder le stade ? La ola est une prière. Gare aux infidèles qui ne se lèvent pas au moment où passe la vague. Le match n’est que prétexte à la messe, on l’aura compris. Tout est cohérent et ordonné dans cette mise en scène grotesque où tout symbole joue à plein. C’en serait risible si ce n’était pas inquiétant comme le sont les clowns fascistes Le stade a pris le pouvoir sur le sport comme l’église sur les croyants. Il existe une esthétique du totalitarisme qui n’est jamais aussi à l’aise que dans un stade. La musique de Wagner qui est bien l’hymne de cet esprit, est ici reprise dans un pastiche avec hélicoptère d’ « Apocalypse now », mais sans la dérision caustique que Francis Ford Coppola a su y injecter.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height:normal;"><span style="font-size:12pt;font-family:&quot;">Alors, oui, c’était un acte de résistance que de rester assis sur son siège, tentant de se concentrer sur ce qui nous paraissait l’essentiel : le match de rugby que nous sommes venus voir. Mais comme c’est dur de se sentir si seuls.</span></p>
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		<title>Dernier livre jeunesse: Aujourd&#8217;hui en Guadeloupe</title>
		<link>http://alainfoix.wordpress.com/2008/05/22/106/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 May 2008 23:16:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[2.2- Jeune Public]]></category>

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		<description><![CDATA[

La présentation de l&#8217;éditeur

Louisiane vit en Guadeloupe. Ses parents sont séparés. L&#8217;année prochaine, elle aura treize ans et elle rejoindra son père, à Paris. Alors elle décide de faire provisions de souvenirs, d&#8217;odeurs et de couleurs. Son récit lui tiendra chaud là-bas, au pays du froid.
De nombreux volets à soulever et un superbe dépliant panoramique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><ul>
<li><a href="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/06/get_photo1.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-108" src="http://alainfoix.files.wordpress.com/2008/06/get_photo1.jpg?w=100&h=122" alt="" width="100" height="122" /></a></li>
<li><span class="gras">La présentation de l&#8217;éditeur</span></li>
</ul>
<p>Louisiane vit en Guadeloupe. Ses parents sont séparés. L&#8217;année prochaine, elle aura treize ans et elle rejoindra son père, à Paris. Alors elle décide de faire provisions de souvenirs, d&#8217;odeurs et de couleurs. Son récit lui tiendra chaud là-bas, au pays du froid.</p>
<p>De nombreux volets à soulever et un superbe dépliant panoramique de quatre pages au milieu du livre.</p>
<p>À chaque page, une mine d&#8217;informations documentaires (le jardin créole, la lutte contre l&#8217;esclavage, la fête des cuisinières, la canne à sucre&#8230;) répondent aux questions des enfants.</p>
<p>Le journal de Lou en Guadeloupe raconté par Alain Foix, illustré par Florent Silloray et Nicolas Thers</p>
<p>L&#8217;auteur et Les illustrateurs</p>
<p>Alain Foix, est écrivain et dramaturge. Il dirige actuellement à Paris, la compagnie théâtrale «Quai des arts». Il a publié chez Gallimard Ta mémoire petit monde (2005) où il relate ses souvenirs d&#8217;enfance en Guadeloupe, une biographie de Toussaint Louverture (2006) et Histoires de l&#8217;esclavage racontées à Marianne (2007).</p>
<p>Nicolas Thers illustre la partie fiction. Il a également illustré le journal d&#8217;un enfant en Chine et le journal d&#8217;un enfant pendant la résolution industrielle.</p>
<p>Florent Silloray illustre la partie documentaire. Il a également illustré le Journal d&#8217;un enfant en Inde et le Journal d&#8217;un enfant au Sénegal.</p>
<p><img src="/Users/Alain/AppData/Local/Temp/moz-screenshot.jpg" alt="" /></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/alainfoix.wordpress.com/106/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/alainfoix.wordpress.com/106/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/alainfoix.wordpress.com/106/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/alainfoix.wordpress.com/106/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/alainfoix.wordpress.com/106/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/alainfoix.wordpress.com/106/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/alainfoix.wordpress.com/106/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/alainfoix.wordpress.com/106/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/alainfoix.wordpress.com/106/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/alainfoix.wordpress.com/106/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/alainfoix.wordpress.com/106/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/alainfoix.wordpress.com/106/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alainfoix.wordpress.com&blog=1857102&post=106&subd=alainfoix&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>Question de culture et d&#8217;éducation</title>
		<link>http://alainfoix.wordpress.com/2008/05/13/question-de-culture-et-deducation/</link>
		<comments>http://alainfoix.wordpress.com/2008/05/13/question-de-culture-et-deducation/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 13 May 2008 15:01:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1- Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;école fait la buissonnière en ce joli mois de mai. Profitons en pour nous pencher une fois de plus sur la culture à l&#8217;école. Ci-dessous un article écrit en 2002 répondant à un Rebonds de Patrick Blandin, directeur de la Grande Galerie de l&#8217;Evolution:
L’art et la science victimes de l’école
 
Patrick BLANDIN, directeur de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>L&#8217;école fait la buissonnière en ce joli mois de mai. Profitons en pour nous pencher une fois de plus sur la culture à l&#8217;école. Ci-dessous un article écrit en 2002 répondant à un Rebonds de Patrick Blandin, directeur de la Grande Galerie de l&#8217;Evolution:</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><strong><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">L’art et la science victimes de l’école</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Patrick BLANDIN, directeur de<span> </span>la Grande Galerie de l’Evolution, s’alarme à juste titre dans un Rebonds de Libération*, <span> </span>du sort réservé à la culture scientifique et technique reléguée au rang de sous-culture dans un champ dominé par celle des arts et des lettres. Et comme il l’indique très justement, cette division culturelle qui répond à une véritable hiérarchie, prend sa source à l’école où les élèves sont très tôt répartis en deux classes principales : les matheux et les littéraires. Cette division en genres, on le sait est aussi un axe de sélection où les « meilleurs », les forts en maths, se voient promettre les situations les plus en vue.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Les littéraires pourront au mieux prétendre à des métiers culturels.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Une telle division, outre sa dimension artificielle, conduit à de véritables aberrations. Notamment les artistes et philosophes se voient classés arbitrairement dans la filière littéraire. Ce qui malgré des préjugés tenaces ne va pas de soi. Un enfant qui, par exemple choisit de prendre l’option musique en seconde se verra, s’il continue en première, contraint d’opter pour la case « lettres ». Or l’éducation musicale comme l’éducation plastique impliquent une rigueur technique, voire mathématique plutôt que littéraire. De fait, beaucoup de compositeurs par exemple sont plutôt des matheux et, comme la composition ne nourrit généralement pas son homme, on en trouve un grand nombre dans des métiers d’ingénieurs et de scientifiques.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Une telle division sélective fait peu de cas du fait que l’art depuis toujours a partie liée avec la science et que la représentation du monde donnant lieu à des expressions artistiques, s’inscrit dans des conceptions développées par la recherche scientifique et parfois même les précède par intuition.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Et que dire de la philosophie dont des parties essentielles comme l’épistémologie et la logique sont directement ancrées dans l’ordre des sciences dites exactes?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Que seraient Leibniz et Descartes ou plus récemment Ricœur, Dagognet, Canghilhem ou Fodor, par exemple, sans leur maîtrise d’une pensée scientifique ? Einstein ou Heisenberg pour ne citer qu’eux n’ont-ils pas développé une pensée scientifique inséparable d’une saisie philosophique?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">La séparation entre art et sciences, culture et pensée scientifique est donc plus idéologique et politique que réelle. L’école n’est pas la cause mais l’outil de cette idéologie. Et si la culture scientifique et technique est victime d’une forme de préjugé, c’est moins du fait qu’elle est considérée comme un sous-genre de la culture que parce que culturelle, elle apparaît comme une expression bâtarde et « littéraire » de la science.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">La culture, en réalité véhicule un préjugé défavorable qui l’inscrit dans l’ordre du non nécessaire, du supplément d’âme ou du loisir. Un lourd héritage dont les politiques culturelles ont du mal à se départir.<span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;"><span> </span>Nous subissons encore l’influence de cette vision romantique de la culture qui en fait une matière éthérée, une âme qui planant sur le monde en devient l’expression, « l’esprit ». La culture comme esprit d’un monde, esprit d’un peuple, d’une communauté ou d’un métier est comme un brouillard qui envahit toute chose et en dessine les contours de manière floue sans aucune influence sur elles sinon celle d’en grossir les formes et l’idée qu’on a d’elles.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Les tenants d’une telle vision de la culture sont face au monde dans la situation de spectateurs<span> </span>myopes devant un immense tableau. Chacun de son point de vue rapproché verra avec précision des formes, des matières et des couleurs. Il en deviendra même spécialiste et de sa spécialité il fera <span style="text-decoration:underline;">une</span> culture dite littéraire, picturale, musicale, chorégraphique, théâtrale, scientifique, technique, urbaine, rurale, nègre, créole etc. Et de ce brouillard rendant floues les formes qu’il perçoit dès qu’il prend du recul, il fera <span style="text-decoration:underline;">la</span> culture car il ne verra pas avec précision ces lignes de force qui relient et opposent les formes entre elles dans une logique, une structure et une interaction qui interrogent le monde et déterminent un savoir sensible.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Ce n’est pas bien entendu la culture qui est en cause, mais son usage postromantique qui en fait d’abord une dimension de la sensibilité ou des sensibilités sans rattacher cette sensibilité à l’ordre global de la connaissance. Ce qui est en jeu<span> </span>dans la division entre la culture et la science, c’est encore une fois ces fameuses divisions entre la sensibilité et l’intelligence, l’imaginaire et le réel. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Pour échapper à ce brouillard tentaculaire qui provoque tant d’aberrations, il est urgent de considérer enfin que l’homme de lettres autant que l’artiste produisent de la connaissance et que celle-ci n’est pas sans lien direct avec ce monde qui est l’objet de la pensée scientifique.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Alain Foix<span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">Bondy le 16 décembre 2002</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;">*Libération 14 décembre 2002</span></em></p>
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		<title>Mémoire de Solitude</title>
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		<pubDate>Fri, 09 May 2008 22:36:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Chronique des matins calmes]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2007, les Editions Gallimard-Jeunesse ont eu la bonne idée de me passer commande d’un livre racontant aux enfants l’histoire de l’esclavage. Avec ma compagnie Quai des arts, j’ai accompagné cette commande d’un travail dans un collège et un lycée de la Seine Saint Denis. Le fruit de ce travail fut un disque inséré dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>En 2007, les Editions Gallimard-Jeunesse ont eu la bonne idée de me passer commande d’un livre racontant aux enfants l’histoire de l’esclavage. Avec ma compagnie Quai des arts, j’ai accompagné cette commande d’un travail dans un collège et un lycée de la Seine Saint Denis. Le fruit de ce travail fut un disque inséré dans ce livre intitulé « <a href="http://alainfoix.wordpress.com/2007/05/01/25/">Histoires de l’esclavage racontées à Marianne</a> », où on retrouve le texte dit par des comédiens professionnels comme <a href="http://www.comedie-francaise.fr/biographies/page_bio.php?id_chrono=500">Bruno Raffaëlli</a> (sociétaire de la Comédie Française), Marianne Mathéus (également réalisatrice sonore de ce disque), Sonia Floire, <a href="http://www.enluminures.culture.fr/culture/actualites/conferen/donnedieu/jalpha.htm">Jenny Alpha</a> (qui à 98 ans est la doyenne des comédiens français, et est si tristement méconnue, sans doute parce qu’elle est Martiniquaise), Marius Yelolo, Christian Jullien, Cyrille Bosc, Patrick Karl, et Caroline Appéré, la musique est jouée par Pierre-Hermann Lagier (violon) et Mav Mavoula (tambour et percussions), les bruitages, ambiances, chants choraux sont réalisés par les élèves de 5è et 4è du collège Le Parc d’Aulnay sous bois. Les magnifiques illustrations du livre sont réalisées par Benjamin Bachelier. Et le tout constitue un très beau cadeau à faire aux enfants qui ont le droit de prendre connaissance, à cette occasion, d’un pan trop effacé de l’Histoire de France.</p>
<p>Voici, pour ce 10 mai, en hommage à la Mulâtresse Solitude, un extrait de mon livre où elle raconte son histoire. Elle fut compagne de lutte du colonel Delgrès lors de la résistance des noirs et mulâtres guadeloupéens au rétablissement de l’esclavage par Napoléon en 1802. Cette histoire sanglante se termine par l’explosion du fort de Matouba où Delgrès, réfugié avec ses 300 compagnons, se fait sauter à l’arrivée des soldats de Richepanse en criant : « vivre libre ou mourir ». Solitude sera pendue après avoir accouché de son enfant :</p>
<p>J’ai entendu, mon cher Delgrès, le dernier chant de ton violon qui montait des montagnes et parlait aux étoiles. Comme c’était beau. Je t’ai abandonné avec tes 300 compagnons. Je ne voulais pas mourir. Non, pas maintenant, car je portais en moi l’espoir, ce petit être qui allait naître. J’étais cachée dans un grand champ de bananiers. Je suis entrée dans la rivière de Matouba qui a caressé mon ventre comme un de ses rochers, et je me suis lavée. Je voulais être belle et propre pour mon enfant. Cet enfant conçu dans le lit d’une rivière si gaie, si pure qu’on appelle liberté. Car on était libres en ce temps là et on ne pensait plus à manger de la terre pour empêcher les enfants de naître en esclavage. Mon ventre était gonflé d’espoir. Cet espoir-là, je ne pouvais pas le tuer. Des soldats de Richepanse sont passés près de moi. Les premiers ne m’ont pas aperçu. Ils m’avaient pris pour un rocher. Mon ventre seulement sortait de l’eau. Et puis, l’un d’eux, plus attentif, m’a reconnu. ‘Eh, Mais c’est elle !  a-t-il crié, cette mulâtresse, cette sauvageonne, qui a tué tant de nos soldats.’ Ils ont pointé leurs armes sur moi, mais ils ont vu mon ventre. Alors, ils m’ont emprisonnée et m’ont laissée sous bonne garde pendant qu’ils montaient vers toi comme attirés par le doux chant de ton violon. J’ai entendu cette explosion, j’ai vu l’intense lumière qui est montée au ciel. La naissance d’une étoile dans un coin de ciel bleu. Les survivants m’on emmenée dans la cellule où mon enfant est né. Un bel enfant que j’ai appelé Liberté. Liberté Solitude. Je l’ai embrassé une dernière fois avant qu’ils ne m’emmènent au pied du flamboyant dont les fleurs éclataient comme la lumière de l’explosion dans le ciel bleu du mois de mai. Ils m’ont pendue à une des branches, mais j’étais si heureuse. Ils n’ont pendu que l’enveloppe. J’avais laissé la lettre qui gazouillait dans son berceau pour l’univers entier. Ne sois pas triste, mon doux Delgrès. La liberté est là, toujours en nous. Elle nous fait des enfants.</p>
<p>Alain Foix in <a href="http://alainfoix.wordpress.com/2007/05/01/25/">Histoires de l’esclavage racontées à Marianne</a> Gallimard-jeunesse 2007. Contenant CD audio.</p>
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		<title>Lire Merleau Ponty pour le 10 mai</title>
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		<pubDate>Fri, 09 May 2008 09:17:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Chronique des matins calmes]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui veille de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, il me vient l’envie irrépressible de publier ce texte du philosophe Maurice Merleau Ponty, extrait de ses « notes sur Machiavel », communiquées au congrès humanisme et science politique, Rome Florence, septembre 1949. Texte publié chez Gallimard en 1960 et qui devrait être étudié en classe de philo [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;color:black;">Aujourd’hui veille de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, il me vient l’envie irrépressible de publier ce texte du philosophe Maurice Merleau Ponty, extrait de ses « notes sur Machiavel », communiquées au congrès humanisme et science politique, Rome Florence, septembre 1949. Texte publié chez Gallimard en 1960 et qui devrait être étudié en classe de philo (c’est l’ancien prof de philo qui parle), mais aussi, bien sûr, par nos chers ambitieux de sciences pô, ENA, Normale Sup et tutti quanti qui ont, par décision napoléonienne et post napoléonienne, la prétention de nous gouverner :</span></em></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:11pt;font-family:&quot;color:black;">Ce qu’on réprouve chez lui (Machiavel); c’est l’idée que l’histoire est une lutte et la politique rapport avec des hommes plutôt qu’avec des principes. Y a-t-il pourtant rien de plus sûr ? L’histoire, après Machiavel encore mieux qu’avant lui, n’a-t-elle pas montré que les principes n’engagent à rien et qu’ils sont ployables à toutes fins ? Laissons l’histoire contemporaine. L’abolition progressive de l’esclavage avait été proposée par l’abbé Grégoire en 1789. C’est en 1794 qu’elle est votée par la Convention, au moment où, selon les paroles d’un colon, dans la France entière « domestiques, paysans, ouvriers, journaliers agricoles manifestent contre l’aristocratie de la peau » et où la bourgeoisie provinciale, qui tirait de Saint-Domingue ses revenus, n’occupe plus le pouvoir. Les libéraux connaissent l’art de retenir les principes sur la pente des conséquences inopportunes. Il y a plus : appliqués dans une situation convenable, les principes sont des instruments d’oppression. Pitt constate que cinquante pour cent des esclaves importés dans les îles anglaises sont revendus aux colonies françaises. Les négriers anglais font la prospérité de Saint-Domingue et donnent à la France le marché européen. Il prend donc parti contre l’esclavage : « Il demanda, écrit M. James, à Wilberforce d’entrer en campagne. Wilberforce représentait la région importante du Yorkshire ; c’était un homme de grande réputation ; les expressions d’humanité, de justice, de honte nationale, etc., feraient bien dans sa bouche&#8230; Clarkson vint à Paris pour stimuler les énergies sommeillantes (de la Société <em>des Amis des Noirs), </em>pour les subventionner, et submerger la France de propagande anglaise. » Il n’y a pas d’illusions à se faire sur le sort que cette propagande réservait aux esclaves de Saint-Domingue : quelques années plus tard, en guerre avec la France, Pitt signe avec quatre colons français un accord qui met la colonie sous protection anglaise jusqu’à la paix, et rétablit l’esclavage et la discrimination mulâtre. Décidément, il n’importe pas seulement de savoir <em>quels principes </em>on choisit, mais aussi qui, quelles forces, quels hommes les appliquent. Il y a plus clair encore : les mêmes principes peuvent servir aux deux adversaires. Quand Bonaparte envoya contre Saint-Domingue des troupes qui devaient y périr, « beaucoup d’officiers et tous les soldats croyaient se battre pour la Révolution ; ils voyaient en Toussaint un traître vendu aux prêtres, aux émigrés et aux Anglais&#8230; les hommes considéraient encore qu’ils appartenaient à une armée révolutionnaire. Cependant, certaines nuits, ils entendaient les Noirs à l’intérieur de la forteresse chanter <em>La Marseillaise</em>, le <em>Ça ira </em>et autres chants révolutionnaires. Lacroix raconte que les soldats abusés, entendant ces chants, se levaient et regardaient leurs officiers comme pour leur dire : « La justice serait-elle du côté de nos ennemis barbares ? Ne sommes-nous plus les soldats de la France républicaine ? Et serions-nous devenus de vulgaires instruments politiques? » Mais quoi ? La France était le pays de la Révolution. Bonaparte, qui avait consacré quelques-unes de ses acquisitions, marchait contre Toussaint-Louverture. C’était donc clair : Toussaint était un contre-révolutionnaire au service de l’étranger. Ici comme souvent, tout le monde se bat au nom des mêmes valeurs : la liberté, la justice. Ce qui départage, c’est la sorte d’hommes pour qui l’on demande liberté ou justice, avec qui l’on entend faire société : les esclaves ou les maîtres. Machiavel avait raison : il faut avoir des valeurs, mais cela ne suffit pas, et il est même dangereux de s’en tenir là ; tant qu’on n’a pas choisi ceux qui ont mission de les porter dans la lutte historique, on n’a rien fait. Or, ce n’est pas seulement dans le passé qu’on voit des républiques refuser la citoyenneté à leurs colonies, tuer au nom de la Liberté et prendre l’offensive au nom de la loi. Bien entendu, la dure sagesse de Machiavel ne le leur reprochera pas. L’histoire est une lutte, et si les républiques ne luttaient pas, elles disparaîtraient. Du moins devons-nous voir que les moyens restent sanguinaires, impitoyables, sordides. C’est la suprême ruse des Croisades de ne pas l’avouer. Il faudrait briser le cercle.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><span style="font-size:10pt;font-family:&quot;color:black;">Maurice Merleau-Ponty </span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-family:&quot;color:black;">Communication au Congrès Umanesimo e scienza politica, Rome-Florence, septembre 1949. <span>In</span> Maurice Merleau-Ponty, <span>Signes</span>, Gallimard, 1960 (1985), pp.267-283</span></em></p>
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		<title>Quoi de neuf à Babylone?</title>
		<link>http://alainfoix.wordpress.com/2008/05/04/quoi-de-neuf-a-babylone/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 May 2008 11:33:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1- Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[En septembre 1987, jeune journaliste, je faisais partie de la soixantaine de représentants des médias occidentaux invités par Saddam Hussein au festival de Babylone. En fouillant dans mes archives, j&#8217;ai retrouvé cet article écrit à Bagdad il y a 21 ans. Il m&#8217;a paru intéressant de le publier sur ce blog, juste pour la perspective.

DE [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>En septembre 1987, jeune journaliste, je faisais partie de la soixantaine de représentants des médias occidentaux invités par Saddam Hussein au festival de Babylone. En fouillant dans mes archives, j&#8217;ai retrouvé cet article écrit à Bagdad il y a 21 ans. Il m&#8217;a paru intéressant de le publier sur ce blog, juste pour la perspective.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center">
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><span style="font-size:11pt;">DE NABUCHODONOSOR A SADDAM HUSSEIN</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Babylon by bus. </span><span style="font-size:11pt;">Cahotant entre le Tigre et l’Euphrate, notre vieux car climatisé suit cahin-caha la cohorte diplomatique en grande pompe, arborant à la proue des limousines les pavillons multicolores des USA, de l’URSS, de la Pologne, de l’Afghanistan, du Pakistan, de l’Inde, de la Grèce, de la Palestine, du Liban, de la Grande-Bretagne, de l’Espagne, de la France, du Maroc, de la Hongrie, de la Norvège, de la Chine, de l’Italie et tutti quanti. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Chaleur et poussière. Le monde entier s’est donné rendez-vous sur cette route qui va de Bagdad à Babylone et qui traverse la Mésopotamie, terre blessée entre deux fleuves où la Genèse a vu naître de cette âcre poussière, nos premiers parents : Adam et Eve. Le paradis l’Irak ? Plus vraiment. L’histoire de la pomme n’a laissé que des pépins et de la discorde, et la manne pétrolière aura bientôt fait mordre la sainte poussière à un million d’âmes dans l’indifférence générale.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Mais qu’est-ce que nous fichons là, nous, la soixantaine de journalistes occidentaux, coincés dans nos sièges à regarder hébétés, défiler ces hordes d’enfants et d’adolescents en uniforme militaire, amassés sur notre passage et qui nous saluent comme des seigneurs, les yeux pleins d’espoir et de gratitude, brandissant des centaines de portraits de Saddam Hussein l’Unique, maître de ces lieux ? Eh bien, nous allons au festival de musique et de danse de Babylone, tout simplement.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">La guerre ? quelle guerre ? Pour un peu on l’oublierait en flânant dans les rues tranquilles de Bagdad, s’il ne nous venait parfois l’idée de sortir un appareil photo ou une caméra. Pour l’avoir fait, l’équipe de TF1 a fini au poste, les Japonais se sont fait soustraire des cassettes et la Cinq s’est vue empêcher l’accès au satellite de transmission. Pas un seul plan de la ville n’est disponible. Et si d’aventure vous en trouvez un, vieux de vingt ans dans l’arrière fond d’une boutique du souk des libraires, essayez donc de vous en servir ou d’en faire une photocopie. La machine tombera irrémédiablement en panne.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Visiblement, notre présence inquiète les autorités. Nous ne sommes pas vraiment invités pour faire notre travail. L’information ? il y a un ministre pour cela.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Non, décidément, ce n’est pas tant pour voir que pour être vus que nous sommes ici. Nous sommes les acteurs involontaires d’un immense péplum en forme de comédie musicale, mis en scène par le musicien Munir Bashir nommé à la supervision technique. Le héros de l’histoire ? Gilgamesh alias Saddam Hussein, star nationale et unique top model dont tous les portraits, le représentant dans toutes les tenues et dans toutes les attitudes, plus nobles les unes que les autres, recouvrent tout<span> </span>l’espace publicitaire du pays. Le festival n’a-t-il pas pour titre <em>De Nabuchodonosor à Saddam Hussein </em>? Le médaillon du festival babylonien le représente d’ailleurs de profil avec son illustre prédécesseur. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Notre rôle ? celui de petits satans venus des quatre coins du monde pour danser un vaste ballet en forme de pichenette à la barbe de « l’imam maudit »<span> </span>qui se presse aux frontières iraniennes de l’Irak. Notre corps de ballet diplomatique joue ainsi le rôle de tous les corps de ballet : magnifier l’image de l’étoile et donner de l’amplitude à son mouvement.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Dans son discours d’ouverture prononcé le 22 septembre en l’absence remarquable de Saddam Hussein, Latif N’Sayef Jassim, ministre de la culture et de l’information, met l’accent sur le caractère symbolique de ce festival à Babylone. C’est très clair. Il s’agit de faire la démonstration de la supériorité de la civilisation irakienne sur la barbarie atavique des iraniens, montrer la légitimité de la défense irakienne qui, en repoussant l’Iran, ne défend pas seulement une terre, mais le flambeau de la civilisation et de la culture contre la « sauvagerie persane ». Saddam Hussein, véritable réincarnation de Nabuchodonosor, héraut du progrès et de la science, retrouve face à lui, en la personne de Khomeiny, un nouveau Cyrus qui, il y a 2500 ans, porteur de « la mentalité persane avoisinant avec toutes ses haines et avec son esprit agressif…conclut un pacte avec les juifs se trouvant à l’intérieur de la ville de Babylone et réussit ainsi à l’occuper et à mettre fin à sa civilisation ». (sic)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">A bon entendeur, salut ! Et maintenant, place à la fête et à la Culture. « L’heure de la poésie a sonné » titre un magazine culturel Irakien au-dessus de la photo glacée du ministre de la culture qui, dans son uniforme militaire vous regarde droit dans les yeux.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Trente trois pays invités, cinquante groupes d’artistes chorégraphiques et musicaux de tous genres pour un festival qui s’étend sur un mois, du 22 septembre au 22 octobre. S’y côtoient l’Opéra de Paris et le Ballet de Leningrad, la Scala de Milan donnant la Traviata et le quartet Kodaly de Hongrie, un ensemble flamenco espagnol et Patrick Lama, compositeur contemporain Palestinien, des ensembles folkloriques en veux tu en voilà et le groupe de danse acrobatique Chinois, des orchestres de chambre et des orchestres symphoniques etc.. La liste est très longue et le luxe des moyens mis en œuvre témoigne, en pleine guerre, de ressources susceptibles de faire réfléchir les Iraniens. Il faut cependant souligner une aide importante que la France a apportée par l’intermédiaire de l’association des amitiés franco-irakiennes, notamment en ce qui concerne la création de <em>Enuma Elish Babylon</em>, spectacle inaugural du festival produit par le Studio Grame de Lyon, conçu par le compositeur Pierre-Alain Jaffrenou et réalisé avec le soutien financier du Ministère de la Culture et de la Communication Français. C’est un spectacle son et lumière conçu dans un esprit résolument moderne. Il associe une superbe composition de feux d’artifices réalisée par la société Ruggieri, à un jeu de laser composé par la Société Laser Movement qui accompagnent la musique électroacoustique de Pierre Alain Jaffrenou. Celle-ci intègre dans son mouvement une partie instrumentale jouée et signée par Munir Bashir sur fond<span> </span>de ruines babyloniennes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">L’ensemble de cette composition s’inscrit fort bien, de par sa conception, dans le thème global du festival qui est l’interpénétration du contemporain et de l’ancien, du traditionnel et du moderne. Les trois chants successifs de cette musique jouant du poids des silences, des soulèvements intempestifs, déchirants et des lentes retombées de la masse sonore, ont quelque chose de profondément émouvant dans cette ambiance nocturne de fin du monde où une palmeraie au loin, s’embrase tout à coup sous un napalm rouge vif et où Munir Bashir, au cœur du silence instauré, égrène sur son oud phénoménal quelques notes d’espoir qui se perdent, en même temps que les images projetées d’écritures cunéiformes et de bas-reliefs sumériens, dans les ruines de la civilisation perdue.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Jaffrenou, en s’appuyant sur le contexte historique et politique de Babylone, réussit à le transcender dans une musique universelle qui parle à toutes les oreilles de tous les naufrages, véhiculant dans un chemin abyssal l’image acoustique d’une réversibilité possible. L’apaisement final témoigne ainsi d’une résolution des tensions, d’un équilibre retrouvé.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">C’est loin d’être le cas pour <em>Gilgamesh play</em> qui clôture la soirée de façon assez significative. Chorégraphié par l’Irakien Saadi Younis Bahri, ce ballet témoigne, lui, du pire, c&#8217;est-à-dire de la pure allégeance de l’artiste à la mise en scène politique ci-dessus décrite.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Conçu sur un mode allégorique, il présente d’abord les premières dynasties sumériennes et leur panthéon de dieux qui ont des gestes de fresques égyptiennes. Ishtar, la déesse de la Volupté et de la Guerre, apparaît alors. « Ishtar is born » dit la voix off, sans humour. Elle cherche son Gilgamesh et le trouve en final dans la personne de Saddam Hussein auquel elle délègue ses pouvoirs pour sauver le peuple Sumérien. Alors, s’ensuit, sur une musique guerrière, follement scandée par la foule, une danse grotesque entre les dieux sumériens et les jeunes soldats de la République Iraquienne qui, portant le flambeau, chantent la gloire de Saddam Hussein.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Si le ridicule ne tue pas, espérons qu’il n’est pas ce virus inconnu qui est cause du naufrage des civilisations.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Mais ce qui demeure le plus beau bouquet de ce début de festival, c’est cette déclaration de notre ministre français monsieur Cabannat à la résidence de l’ambassadeur de France ce 23 septembre : « Vous avez sans doute remarqué l’absence de journaux français et occidentaux à Bagdad. Eh bien, je peux affirmer que vous avez beaucoup de chance et que ça vous fait des vacances. En effet, tout ce qu’ils disent en ce moment sur la situation du pays est faux. Tout va pour le mieux. Tous les indices sont en hausse et la situation de politique intérieure est au beau fixe » Il ignorait sans doute qu’il s’adressait à des journalistes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Cabannat, ministre de la Culture et de l’Information. Une bonne idée, non ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Alain Foix</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:11pt;">Bagdad le 23 septembre 1987.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span></p>
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		<title>Bien d&#8217;autres soufrières</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Apr 2008 10:05:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alainfoix</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Chronique des matins calmes]]></category>

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		<description><![CDATA[Un homme, un homme seul, un athlète. Silence. Il avance. Une présence, une puissance. Il fait front. Seul. Il affronte ce silence qu’il impose. Il s’amasse et les planches sous ses pieds se rassemblent et la scène d’Odéon est un surf et la salle une vague qui se cambre, se retient et son souffle arrêté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p class="MsoNormal"><span style="font-size:12pt;line-height:115%;font-family:&quot;">Un homme, un homme seul, un athlète. Silence. Il avance. Une présence, une puissance. Il fait front. Seul. Il affronte ce silence qu’il impose. Il s’amasse et les planches sous ses pieds se rassemblent et la scène d’Odéon est un surf et la salle une vague qui se cambre, se retient et son souffle arrêté et le temps sous le verbe s’épaissit. C’est Césaire qui chevauche Jacques Martial. C’est Martial qui subjugue l’Odéon. Déferlantes de mots, cataractes du verbe, c’est un fleuve qui déborde de son lit. C’est un Nil dont Césaire est la source. Bords et débords, sacs et ressacs, flux et reflux, des mots<span> </span>lumières, des mots cheval au galop. Bombardements. Et c’est Toussaint Louverture, et c’est le roi Christophe, et c’est Nelson Mandela et Martin Luther King et ce vieux noir râblé, ratatiné sur son siège d’autocar et plié sous le fouet d’un mépris millénaire et toute la négraille qui se dresse, nuée. Nuée ardente aux bouches noires des soufrières, et au cœur des montagnes des oubliés du monde, la forge d’Héphaïstos sous les mots de Césaire martèle la « lance de nuit » d’une belle poésie. Ce n’est pas un poème mais une cavalerie, et au galop des mots c’est Martial qui écume. Il se fait vague contre la vague et il déferle et nous recouvre et nous buvons la tasse bouche bée et yeux ouverts. Sa langue claque l’amertume sucrière et nous couvre de sel. Et puis silence. L’athlète vacille, le dos au rideau noir de l’Odéon et se repait de son propre épuisement. Et c’est une salve, une bordée qui lui vient de la salle. Le choc était frontal, le public est levé. Il clame et bisse et bat des ailes, se secouant de soixante quinze minutes de totale possession.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:12pt;line-height:115%;font-family:&quot;">Avant que vienne le jour et son oubli, disons que cette nuit fut bien plus que le sacre d’un poète et de son héraut mais la conquête d’une scène comme territoire encore rebelle à la présence de ceux qui disent noir pour faire rimer espoir. Il y en eut d’autres gagnées et reperdues sans cesse, jamais acquises. Il y en aura de nouvelles gagnées avant d’être perdues. Césaire gagne encore en mourant. C’est le sort du poète. Mais sa vraie mort serait un mausolée. Un panthéon pour l’isoler. Ce soleil insulaire ne brille pas pour lui-même mais pour un continent, celui des oubliés. Césaire ne serait pas Césaire s’il n’était que Césaire. Ne vouons pas un culte à sa personnalité. Ce serait l’enterrer et avec lui un monde s’exhumant des décombres. Césaire s’est élevé pour dire que l’histoire n’est pas terminée. Avec sa mort, l’histoire ne fait que commencer. Derrière lui d’autres vagues qui viendront se briser aux contreforts d’indifférence, aux falaises blanches de la puissance. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:12pt;line-height:115%;font-family:&quot;">En préambule à cette soirée, Olivier Py a dit qu’il n’osait pas penser à ce qui se serait passé si le poète André Breton entrant dans un bazar de Fort-de-France pour acheter un ruban à sa fille n’avait pas découvert Césaire et son cahier d’un retour au pays natal. Rassurons-le. Ce n’est pas un ruban de petite fille qui fit naître Césaire. Et ce n’est pas la providence d’une belle main blanche qui tissa son berceau. Les forces telluriques trouveront toujours une faille ou un volcan pour dire au ciel les colères souterraines. Sur la Montagne Pelée il est né un cratère nommé Césaire. Il y a eu et il y aura bien d’autres soufrières.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:12pt;line-height:115%;font-family:&quot;">Alain Foix</span></p>
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